Contexte
La mise en place de nouvelles infrastructures de transport telles que les bus à haut niveau de service (BHNS) induit des transformations urbaines majeures qui affectent l’environnement alimentaire (lieux d’approvisionnement alimentaire et leurs caractéristiques) et le potentiel de mobilité quotidienne des habitants. Cependant, les pratiques ne changent pas nécessairement avec l’environnement. Elles répondent à des logiques d’action propres aux individus et s’inscrivent dans leurs routines.
L’analyse conjointe des évolutions des réseaux de transport, de l’environnement alimentaire et des pratiques quotidiennes des ménages apparaît nécessaire pour informer l’action publique. MOVEAT s’attaque à ce défi en adoptant une approche systémique des mobilités quotidiennes, articulant analyse des infrastructures (transport et commerce), des pratiques et des motivations sous-jacentes.
MOVEAT vise alors à documenter les changements d’accès aux commerces alimentaires associés à la mise en place de nouvelles lignes de BHNS et les conditions d’un report modal des ménages vers ce mode de transport pour leurs approvisionnements alimentaires.
Cas d'étude
Le projet s’attache à étudier les potentiels changements d’accès à l’alimentation en lien avec la mise en service de deux nouvelles lignes périurbaines de BHNS dans la métropole de Montpellier. Ces lignes, prévues pour 2027–2028, présentent des contextes commerciaux contrastés et desserviront des secteurs aujourd’hui peu couverts par les transports collectifs, tout en désengorgeant des axes routiers fortement sollicités.
Ce territoire présente par ailleurs un cadre d’action publique particulièrement pertinent : la gratuité des transports en commun depuis 2023 et une politique agroécologique et alimentaire engagée, incluant depuis 2025 une stratégie de transformation des paysages alimentaires.
Méthodologie
Ce projet interdisciplinaire (géographie, épidémiologie, sciences de gestion et économie) mobilise une approche mixte (qualitative, quantitative et spatiale) et multiscalaire (échelles des quartiers et des espaces d’activités et de mobilité quotidiennes des habitants). Il repose sur une analyse longitudinale des paysages alimentaires (environnement alimentaire, vécu et perception de l’environnement alimentaire) et des pratiques spatiales des habitants.